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Les FRD étaient au nombre de 83. Combien en reste-t-il ?

Publié le Vendredi, 09 Décembre 2011 05:47 | Écrit par Janvier Mbarushimana | | | Affichages : 2083

Bujumbura, le 8 décembre 2011 (bapfekurera & nyabusorongo) – Le mois de novembre dernier, l’actualité burundaise a été dominée par la naissance d’une « nouvelle rébellion » appelée FRD – Abanyagihugu, qui aurait attaqué la province de Cankuzo à partir de la Tanzanie. Un mémorandum a été lancé et un élément sonore enregistré par M. Hassan Ruvakuki, journaliste à la Radio Bonesha FM a été entendue sur certaines stations radio proches de l’opposition.

 L’arrestation de ce dernier ainsi que d’autres membres de l’aile dure de l’UPD-Zigamibanga a créé une vague de protestations, la société dite « civile » et certains médias prenant les devants sous le couvert d’une certaine lutte contre « la violation des droits humains » qu’on qualifierait plutôt de la protection de certains intérêts sectaires que partagent évidemment certains ces et les membres de l’opposition à l’agonie qui se sont regroupés au sein d’un attelage mal assorti baptisé Ikibiri.

Qui fait quoi ?

Dans la réserve de la Ruvubu, côté Tanzanie, dans une localité appelée Milamila, certains hommes y érigent un centre d’entraînement militaire. Devinez qui ? Un certain Jean Petty Nduwimana, ancien secrétaire particulier de Hussein Radjabu, Monsieur Evariste Kagabo qui fût en prison à Mpimba avec Hussein Radjabu, Jean Bosco Bahati ancien substitut du Procureur de la République en province de Ngozi, évadé de prison. Ce dernier avait été surpris en flagrant délit à Kirundo avec 22 kg de chanvre. Il était membre de l’UPD – Zigambibanga au moment des faits. A l’appel, 83 hommes ont suivi la formation et sont prêts à mener « une guerre sans merci » contre le régime de Nkurunziza. Le Commissaire Général chargé de la communication est Hassan Ruvakuki (journaliste de Bonesha FM) et son adjoint Karim Mibohe (Informaticien au Sénat du Burundi). Le mouvement s’est doté également d’un Commissaire chargé de la Diplomatie, en la personne de Madame Jacqueline Nijembazi avec comme adjoint Monsieur Ismaël Mvuyekure alias Fétiche. Emmanuel Ndereyimana, ancien secrétaire exécutif de l’UPD en Mairie de Bujumbura et inconditionnel de Hussein Radjabu dirigait le Commissariat chargé des questions politiques et comme adjoint Monsieur Francis Rohero qui n’a pas pu se déplacer vers Milamila pour la dernière rencontre avant l’attaque proprement dite.
 
Causerie Morale

Le samedi 19 novembre, une réunion de causerie morale (suivie par des cérémonies de lancement officiel de ce mouvement) a lieu à Milamila. Les participants apprennent que désormais l’ancien Major Jean Petty n’est plus Major. Il est Général et c’est lui le patron du mouvement. Mais pour l’instant, c’est à Pierre Claver Kamanzi, baptisé le même jour Colonel Pierre Claver Kabirigi de parler, de s’exhiber et de faire croire que c’est lui qui pilote l’Etat-Major du FRD – Abanyagihugu. « Le moral des troupes est au beau fixe » déclare le désormais Général Jean-Petty. « Nous sommes prêts à attaquer le Burundi ». A ces mots, les acclamations fusent de partout. Hassan Ruvakuki se lève le premier et entonne un chant de guerre et tout le monde se lève et commence à danser. L’attaque aura lieu à 4h00 du matin lundi 21 novembre.
 
L’attente indifférée et fuites d’information

Sitôt les lieux vidés, Ismaël Mvuyekure, Hassan Ruvakuki, Emmanuel Ndereyimana et Jacqueline Nijembazi prennent le chemin de retour sur Bujumbura où ils arrivent dimanche dans la matinée. Ils sont tellement extasiés qu’ils annoncent la bonne nouvelle à qui veut les entendre : « La guerre commence ». Madame Jacqueline Nijembazi appelle Hussein Radjabu pour lui annoncer qu’elle n’en croyait pas ses yeux lorsqu’elle a vu « les FRD ». Reprenant ses propres termes, amusée, elle promit à Hussein Radjabu ce qui suit, dans un swahili approximatif : « Mzee, uwe tu patient, mu siku kidogo tutakutowa » [Vieux, ne t’en fais pas, nous allons bientôt te libérer] . Quelques minutes plus tard, elle en parle à une autre amie puis à d’autres personnes. Quant à lui, le journaliste Hassan Ruvakuki passe une nuit de dimanche à lundi extasié et impatient. Il ne parvient pas à fermer l’œil, envoyant des SMS à des amis, attendant l’heure de l’attaque prévue à 4h00 du matin. Son impatience atteignit son paroxysme quand il a appelé le Gouverneur de la province Cankuzo vers 5h30 du matin et lui pausa une question qui l’inquiéta : « Jambo bwana Gavana. Mapambano yako vipi huko ? » [Bonjour Monsieur le Gouverneur. Comment se déroulent les combats ?].
 
Dans un bar de la capitale burundaise, Emmanuel Ndereyimana ne cesse de se lever et de se retirer pour parler au téléphone. Il parle, parle et parle. Il parle d’une hécatombe qui doit s’abattre sur le Burundi dans quelques heures. Après un verre de trop, il oublie un de ses deux téléphones et un des serveurs qui a suivi ses mouvements le récupère. Les messages SMS envoyés et reçus sont clairs. L’information circule tellement vite que les pièces du puzzle se complètent donc pour que l’armée burundaise, la police et l’administration se préparent en conséquence pour accueillir à canons ouverts les assaillants.
 
L’attaque

Les 83 hommes marchent la nuit et prennent position dans la réserve de la Ruvubu, côté Burundi. Ils attendent le moment fatidique. De l’autre côté, les militaires du Camp de Mutukura prennent position. Ils attendent impatiemment l’agression, le doigt sur la gâchette. Chose promise, chose faite. Une première rafale, ensuite l’explosion d’une grenade, puis d’une autre. Que la bataille commence ! Cela se passe dans la zone Ruvungo de la commune Kigamba, province Cankuzo. Ce feu FRD appelle un autre feu, FDN, plus fort et plus dissuasif. Une vingtaine de combattants y laissent leur peau tandis que d’autres battent en retraite. Acculés par ce feu inattendu, ils se dispersent. Sauve qui peut ! Les combats ou plutôt la chasse à l’homme se poursuit dans la zone Mugera de la commune Mishiha de Cankuzo. Sur le chemin, certains blessés succombent à leurs blessures. L’administration, aidée par la population, ramasse 13 corps. Il n’y a plus de combats du tout. Les fugitifs se cachent. L’armée les encercle et attend qu’ils sortent, un à un de leur trou pour se rendre. A la fin de la journée, On dénombre 57 morts et une vingtaine de prisonniers qui se sont rendus volontairement. Les 14 fusils sont tous récupérés. A Dieu le FRD ! s’exclamera un des prisonniers, étonné par cette défaite, cette aventure qui n’aura duré que quelques heures. Ils étaient au nombre de 83, ont perdu 54 combattants tombés sur le champ de bataille et 17 cueillis vivants comme des fruits pourris. Combien en reste-t-il donc ?
 
Bapfekurera

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Category: Actualité Nationale

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