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La magistrature Burundaise est-elle oui ou non indépendante ?
Bujumbura, le 18.08.2011 (burundi-info.com) – La question de l’indépendance de la magistrature revient de temps en temps sur les lèvres des politiciens, journalistes, fonctionnaires y compris même ceux de la magistrature sans oublier des institutions morales et non-gouvernementales. Il s’agit ici de savoir si la justice burundaise est réellement indépendante ou non. Certes, c’est un domaine très sensible dans la vie de tout pays et c’est sans doute la raison pour laquelle d’aucun s’en préoccupe pour des raisons aussi différentes les unes des autres. Première hypothèse : La justice n’est pas indépendante. Cette hypothèse peut susciter plusieurs interrogations.
1. A quoi sert le serment que prêtent les juristes à la fin de leur formation universitaire ? Peut-on dire qu’ils n’ont pas compris leur mission durant leurs études ? Les juges sont-ils animés de parfaite volonté pour rendre une justice équitable et honorer leur profession ? Ce qui est sûr, c’est que les burundais qui se sont engagés dans la carrière judiciaire l’ont fait en toute conscience.
Les gens n’embrassent pas des carrières pour les mêmes visées. C’est tout comme une personne qui s’engage dans la rébellion sans toutefois savoir son issue. Mais, l’enthousiasme au départ est sensiblement égal. Il y en a qui s’engagent juste pour avoir la facilité de piller, d’autres pour fuir la justice pour des crimes qu’ils auraient commis, d’autres pour chercher l’estime et les postes. Certains y vont aussi juste pour avoir la facilité de se venger contre leurs ennemis ou adversaires. Mais faut-il reconnaître aussi d’autres qui s’engagent pour avoir une profession, gagner honnêtement leur vie et pourvoir aux besoins de leurs familles. De même, les personnes qui se retrouvent dans le domaine judiciaire y sont pour de multiples motivations. Ce ne sont pas tous les juristes qui portent à cœur leur profession. Et en observant de près les récents développements dans ce domaine, il y a lieu de se demander combien ont opté dans ce domaine pour rendre justice et qui exécutent leurs fonctions avec dévouement et équité. En témoignent les chicaneries entre les professionnels du droit qui se sont d’ailleurs vu désavouer par le Ministre de la Justice et Garde des Sceaux les accusant la magistrature d’avoir été rongée par la corruption.
Il apparaît malheureusement que les membres de ce corps ne sont pas intéressés à analyser les causes profondes des problèmes qui assaillent l’institution judiciaire, ne fût-ce que pour respecter le principe du linge salle qui se lave en famille. L’on se contente uniquement de mettre les échecs sur le dos des autres au lieu de chercher des solutions qui sont à leur portée aux problèmes internes, comme la corruption, les conflits d’intérêts… Un corrompu ne lit pas la loi en âme et conscience, il la lit à travers une lunette d’intérêt. Voila pourquoi autant d’individus, autant de compréhensions divergentes sur un même texte, autant d’intérêts divergents. La plupart des défis auxquels fait face la justice Burundaise devraient être résolus par les praticiens eux-mêmes. D’aucuns sont convaincus que l’absence de l’indépendance de la justice n’est pas un phénomène inné et ne doit pas forcément être le résultat de quelque influence provenant de l’autorité que les gens ont toujours tendance à accuser.
Deuxième hypothèse : La justice est libre et indépendante Quand les magistrats prêtent serment, ils le font librement. C’est leur choix. Nul n’est forcé à adhérer à la magistrature. Cependant, cela n’empêche pas que parmi les voix qui s’élèvent pour crier aux pressions dont ferait l’objet l’institution judiciaire, celles des juges y sont comprises. Pourtant, même si la loi reste la même, son interprétation est souvent subjuguée aux appétits souvent inavoués et perfides de certains juges a cause de leur esprit ventriotique. La justice est ainsi détournée pour satisfaire des intérêts individuels. Et chaque fois que le juge s’arroge le droit de conformer le droit à ces intérêts ou ceux d’un tiers tout en méprisant la déontologie judiciaire, il est évident qu’il ne peut pas faire bonne justice. C’est d’ailleurs de cela que naissent les conflits d’intérêts entre, d’une part, ceux qui voudraient ne dire que le droit et, d’autre part, ceux qui sont mus par des intérêts qui sont, sans le moindre doute, les plus nombreux.
C’est ce qui donne l’impression de la non-maîtrise de la loi par une partie de la magistrature Burundaise. C’est aussi ce qui explique la fréquence élevée des jugements en faveur des délictueux et coupables. On ne saurait énumérer les procès que le Gouvernement a déjà perdus dans des conditions obscures et occasionnant d’énormes préjudices au trésor de l’Etat. Nombreux sont les cas tranchés en faveur des fauteurs de troubles, des bandits et autres criminels notoires. Et toutes ces maladresses se commettent en violation de la loi et de la déontologie judiciaire, tout en mettant en péril la profession de magistrat. Certains alors, pour cacher la honte, passent pour des défenseurs du droit en blâmant des pressions extérieures ou tout simplement de l’Exécutif. Ceci n’a rien à avoir avec la réalité. La justice Burundaise est indépendante. Il faut chercher le mal ailleurs, et surtout chez les praticiens. Est-il justifiable qu’une personne cède son droit constitutionnel d’exercer correctement son devoir pour de simples raisons de pots de vins, de vengeance ou de jalousie ?
A quoi alors aura servi son serment, prononcé librement ? Certaines personnes devraient avoir le courage d’admettre leurs échecs avant de s’empresser à accuser des personnes ou des institutions de faire main basse sur leur profession. En somme, le système judiciaire burundais n’est pas en proie a des influences extérieures, mais plutôt à des maux internes, des conflits d’intérêts qui conduisent nécessairement à l’absence de dévotion et de patriotisme qui pourront même persister aussi longtemps que la profession sera dominée par cet esprit matérialiste.
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